L’arrivée des réseaux sociaux et du Web 2.0 (ou Web social) dans l’Internet aura contribué, sans nul doute, à l’émergence de nouvelles pratiques démocratiques. Ces dernières iront donc au-delà de la gouvernance étatique (gouvernement et parti politique), puisqu’elles investissent désormais les différents lieux de participation sociale : associations de tous genres, groupes de discussion, forum d’échanges, blogues personnels ou professionnels, etc. Ainsi, grâce à Internet, l’espace public devient un lieu de socialisation virtuel à partir duquel les citoyens-usagers pourront agir directement sur leur milieu par l’entremise d’un réseautage social formel ou informel : en débattant, en effectuant des choix, en votant. D’ailleurs, les partis politiques favorisent de plus en plus son utilisation, en s’inspirant de l’expérience qui a conduit à l’élection de Barack Obama à la présidence des États-Unis, en 2008.

Avec bientôt près d’un milliard d’internautes connectés sur Facebook (soit 1/6 de la population mondiale) dont 16 millions au Canada, les réseaux sociaux sont devenus un formidable levier de notoriété.

C’est bel et bien toute la classe politique qui s’est prise de passion pour cette communication numérique à grande vitesse. Mais tous n’utilisent pas les réseaux de la même façon. Entre les stratégies mûrement réfléchies par les «spin doctors» dans le secret de cabinets de communication feutrés et les messages impulsifs lâchés en solitaire après un dîner arrosé – ou non – Facebook et Twitter sont une arme à double tranchant pour les politiques .

Réseaux sociaux en politique

Selon plusieurs observateurs, les élections générales sont les premières vraies élections 2.0 de l’histoire du Québec. Si les réseaux sociaux font parfois peur aux partis politiques, plusieurs s’aventurent sur le terrain parfois glissant du 2.0.
Les partis principaux ont tous une page Facebook officielle: PLQ (5131 j’aime), PQ (14 622 j’aime), Québec solidaire (8611 j’aime), CAQ (4250 j’aime), Option nationale (9538 j’aime) et le Parti vert (1120 j’aime)… Les chefs ont aussi tous leur propre page Facebook, tout comme plusieurs députés et candidats.
Twitter est également investi par les partis politiques: autant le PLQ (@LiberalQuebec), le PQ (@partiquebecois), la CAQ (@coalitionavenir), QS (@QuebecSolidaire), ON (@OptionNationale) que le PV (@partivertqc) s’expriment en moins de 140 caractères.
Si Jean Charest et Pauline Marois n’enflammeront la twitosphère avec un premier tweetfight électoral faute decompte. Les chefs @françoislegault, @amirkhadir, @FrançoiseDavid et @aussant gazouillent sous leur nom. Sans oublier les nombreux candidats et attachés politiques qui s’expriment sur les médias sociaux.
Tour d’horizons des bourdes, des dérapages, des batailles et parfois des coups bas 2.0.
Durant ces derniers jours , des candidats ont appris à leurs dépens que les paroles s’envolent, mais les photos partagées sur Facebook restent.
Un candidat du PQ dans LaFontaine, Jean Carrière. Il a dû retirer sa candidature après qu’on se soit aperçu qu’il avait déjà partagé une photo accompagnée de la légende: «Fuck Islam».

 

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 Source :  Huffington post Quebec
Le candidat a été écarté puis a eu le soutien de Roland Richer, le député sortant d’Argenteuil.

 

 

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Dans leur livre «Twittus Politicus» paru en janvier aux éditions Fetjaime, Antoine Dubuquoy et Nico Prat ont décrypté l’usage que font les élus de Twitter, le réseau de microblogging où l’on s’exprime par des messages (des «tweets») de moins de 140 signes. «Par son instantanéité, ce nouveau média devance les télévisions et agences de presse, qui sont désormais, pour le meilleur ou pour le pire, obligées de courir derrière l’info. Mais c’est aussi un espace politique différent, où l’humour prend sa place et où la langue de bois n’est pas de mise», expliquent les deux auteurs.
C’est bien cette relation directe, de l’élu à l’internaute-électeur, qui séduit les politiques. Ils abordent toutefois très différemment Twitter. Certains hommes politiques confient ainsi la gestion de leur compte à leur équipe et ne publient guère plus que leur agenda ou des extraits de discours.
La CAQ a dévoilé son panneau sur Twitter  .

 

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Source : @francoislegault

 

Ces réseaux permettent à chaque individu – autrefois trop isolé pour lancer un mouvement social – de « reconnaître » ceux qui partagent les mêmes idées que lui, qu’ils habitent dans la même rue ou à l’autre bout du pays. La connexion entre ces liens invisibles est alors spontanée, instantanée et multiple. Des groupes se forment sur Facebook et relaient leurs messages sur Twitter.

Des sphères d’influence se structurent alors par le nombre de leurs membres (plusieurs milliers, voire plusieurs millions d’individus), et par leur capacité à entrer dans la sphère politique via les médias traditionnels (presse, télévision, radio).

A ce stade du processus, les citoyens prennent alors le pouvoir sur l’agenda politique des élus et inversent donc l’ordre établi. Quels sont les élus qui sauront s’adapter à cette nouvelle donne ?

A un niveau local, seuls les élus (et leurs équipes) déjà présents sur les réseaux sociaux et avec une vraie pratique participative (veille, dialogue) pourront à l’avenir sentir les tendances et être légitimes pour y répondre de manière crédible.

Pour plus d’informations sur notre politique d’utilisation et de vie privée prière de consulter notre site web.

 

2 Commentaires

  1. Wonderful article! That іs the kind of information that aге supposed to be shared across the net.
    Shame on Google for not positioning thiѕ publish upper!

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